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En sautillant sa
vie a quitté le rivage,
D’une enfance éblouie elle a fait son bagage.
Tout n’était que douceur mais le monde est si grand,
Qu’il demande pure folie de vivre au moins mille ans.
Ses mains voulaient
saisir l’or des aubes légères
Comme de beaux oiseaux parcourir cette terre
S’envoler sur les vagues, perles des océans
Monter jusqu’aux cieux sur les ailes du vent.
Regarder dans les
yeux les étoiles de mer,
Approcher des soleils aux faisceaux de lumière
Des fleurs multicolores s’enivrer du parfum,
Cherchant dans leur mémoire la trace du divin.
Suivre
les flamants roses ces belles créatures
Dont le vol élégant dessine une voilure,
Assise sur un nuage admirer des lagunes
La troublante pâleur des roseaux sous la lune. |
Puis des cimes enneigées
gravir tous les sommets,
Comme font les esprits des bouddhas éveillés,
Des peuples jusqu’à eux se hissent en prière
Silencieux et glacés, sur ces monts solitaires.
Voici le temps venu
du magique voyage,
Ces pays inconnus, ces enfants, ces visages,
Ces villes et leurs fleuves aux miroirs changeants,
Et la mer infinie comme un fil d’argent.
Pour que ce rêve
enfin devint une aventure,
Il fallait un amour, un secret, un augure,
Deux yeux clairs regardant plus loin que l’horizon,
Emportèrent leurs cœurs dans la même passion.
Mireille Barbé Dahan12/2005 |